Bio
De toi à moi. Voilà un titre qui ressemble à une confidence, un chuchotis intime à l’oreille de l’être aimé. Mais si le nouvel album de Salvatore Adamo parle bien d’amour, il s’adresse à un bien plus large auditoire. Toi et moi, ce sont aussi les nombreux admirateurs qui, depuis plus de quarante cinq ans, suivent fidèlement les tribulations musicales de ce poète de la tendresse, de cet ambassadeur de la délicatesse. Car on oublie trop souvent que le créateur de « Tombe la neige », de « Vous permettez monsieur», d’ « Inch’ Allah » ou de « C’est ma vie », pour ne citer que quelques unes de ses chansons les plus célèbres, l’artiste aux 90 millions d’albums vendus à travers le monde, est aussi l’un des plus grands auteurs de la langue française. Un amoureux des rimes et des rythmes, un orfèvre discret qui n’a pas son pareil pour ciseler strophes et mélodies dans le plus beau langage qui soit, celui du cœur.
La suite
D’eux à lui. Ainsi « Jours de lumière », l’émouvant et surprenant duo avec Christophe, chanson sur l’amitié et le vécu commun, souvenirs d’une époque euphorique et naïve, est le résultat d’une promesse tenue : pris par d’autres occupations, Christophe n‘avait pu participer au « Bal des gens biens » et Salvatore n’attendait qu’une occasion de récidiver : « J’y tenais car nous avons un peu le même parcours, nous sommes nés à la chanson presque en même temps. »
« Pourquoi tu chantes », véritable opéra pop avec la cantatrice Anne- Catherine Gillet, dont le refrain est un clin d’œil au célèbre air de la « Casta Diva » de Bellini, est né d’une anecdote sur Maria Callas et Aristote Onassis : l’armateur aurait affirmé à sa divine maîtresse, « pourquoi chantes-tu, j’ai tout l’argent dont tu as besoin… » Une chanson qui démontre aussi les talents de mélodiste de Salvatore : « Ca doit venir de mes origines italiennes », avoue-t-il en souriant.
« Tous mes mensonges », tendre ping-pong amoureux et ironique, n’est pas pour Salvatore qu’une façon de remercier Chantal Lauby : la comédienne et humoriste, grande fan du chanteur et auteur d’un film intitulé « Laisse tes mains sur mes hanches », fait ici montre d’un timbre de voix qui n’a rien à envier aux professionnelles de la chanson.
A vingt millions d’années lumière de chez nous, existe une planète intitulée « Gliese 581 », qui possède les mêmes caractéristiques que la Terre. Il n’en faut pas plus à Salvatore, grand amateur de science et de fiction, pour imaginer, sur fond de fin du monde, un rendez vous amoureux dans les étoiles… Prétexte à un featuring d’Oxmo Puccino, lui aussi admirateur des chansons d’Adamo, intervention à la scansion plus spatiale que martiale. Duo encore, filial celui là, avec Amélie, dont l’inédite prestation vocale dans « T’aimer quelque part », laisse augurer d’une carrière digne de son père.
L’amour, on l’a dit, il en est largement question dans ce nouvel album, tout de pudeur et d’émotion. L’amour qui bonifie jusqu’au mimétisme (« De toi à moi »), l’amour rédempteur (« Je reviens »), celui qui résiste au temps qui passe (« La beauté des femmes », sans doute un des plus beaux textes jamais écrit par Salvatore), celui qui embellit l’existence (« Un jour sans toi », « Je pense à toi ») ; et l’amour de la vie, tout simplement (« La vie encore »), cette « chienne de vie » qui est aussi une « grande œuvre d’art, belle comme du Mozart ».
Sa vie, la nôtre aussi, Salvatore Adamo continue de la chanter avec la même ferveur. Ce qui ne l’empêche pas, lui qui fourmille de projets (fouler de nouvelles scènes, terminer l’écriture d’un deuxième roman, prendre des cours de piano, etc…) d’évoquer le passé sur un air de fanfare (« La boîte à souvenirs ») et de rendre à la guitare un hommage bien troussé au maître Georges Brassens (« Alice »). « De toi à moi », 22ème album d’Adamo, réalisé par un autre maestro, Dominique Blanc-Francard, s’inscrit parmi les plus belles pages musicales jamais écrites par celui que Jacques Brel surnommait « Le jardinier de l’amour ». De vous à moi. De lui à nous.
Programmation
Date : Dimanche 23 octobre
Heure : 16h
Lieu : Au Cosec
En écoute :

